" La connaissance de cet Art, la maîtrise des techniques,
le développement des vertus de courage, de courtoisie, d'intégrité,
d'humilité et de contrôle de soi, jusqu'à en faire
la lumière intérieure qui servira de guide dans la vie quotidienne,
tout ceci demande au moins 10 à 20 ans et si possible, une vie
entière dédiée à l'étude de cet Art.
"
Gichin Funakoshi
Gichin Funakoshi, né le 10 novembre 1868 à
Yamakawa, Shuri, préfecture d'Okinawa, et décédé
en 1957 est le fondateur du karaté moderne.
Gichin Funakoshi est le descendant d'une lignée de samouraïs,
famille qui dans d'anciens temps avait été vassale de la
noble dynastie Ryukyu.
Funakoshi, qui a alors quinze ans, est initié aux arts d'Okinawa
par son professeur d'école qui n'est autre que le fils du grand
maître Asato. Plus tard, maître Asato l'acceptera comme disciple
et le formera selon l'esprit traditionnel de la pratique. Gichin Funakoshi
y apprendra l'austérité de l'enseignement, fait d'interminables
répétitions et le principe d'apprentissage de "un kata
tous les trois ans" est respecté. Mais sa grande richesse
technique il la doit à maître Itosu.
Il s'entrainait la nuit chez Azato. A cette époque, le gouvernement
avait proscrit la pratique du Karaté et les entraînements
devaient avoir lieu en secret. Pendant l'ère Meiji (1869-1912),
alors qu'il n'était plus nécessaire de garder le secret,
la tradition vieille de plusieurs siècles, qui voulait que l'enseignement
et la pratique du karaté demeurent secret, étaient toujours
profondément ancrée dans les mentalités. Sensei Funakoshi
fit ensuite la connaissance de Maître Itosu, un aristocrate d'Okinawa
et ami d'Azato. Gichin Funakoshi apprenait parfois sous leur double tutelle
les aspects spirituels et techniques du Karate. Il eut donc la chance
d'être formé par les deux principaux successeurs de Sokon
Matsumura, les deux plus grands maîtres de l'époque: Itosu
et Azato.

En 1902 il fit une démonstration devant les responsables de la
province de Kagoshima.
En 1912, le Shôbukai d'Okinawa le choisit pour effectuer une démonstration
à la marine Japonaise. Il fut remarqué par l'amiral de la
flotte impériale.
G.Funakoshi alla au Japon pour la première fois en 1917 pour faire
une démonstration au Butokuden de Kyoto. Il y retourne cinq ans
(mai 1922) plus tard pour une deuxième démonstration (il
présente une séance de combats à mains nues) devant
le ministre de l'Education Nationale Japonaise. Jigoro Kano le fondateur
du Judo, l'invite à Tokyo pour présenter son art au Kodokan.Le
succès fut immédiat et les demandes de cours affluaient.
Sensei décide de rester dans cette ville pour enseigner l'Okinawa-te.
Il ne retourna jamais à Okinawa.
A cette époque, en 1921 le maître Choku Motobu, également
ancien élève de Itosu, enseignant déjà cet
art au Japon.Funakoshi enseigna d'abord au Meisojuku, une pension pour
étudiants dans un dojo de 40m2. Plus tard il partagea le dojo de
Hakudo Nakayama, un maître de Kendo.
En novembre 1922, Funakoshi publie son premier livre: Ryû Kyû
Kempo Karaté, où il exprime surtout des considérations
histiriques. Les clichés de se livre ont été détruits
lors du tremblement de terre de 1923, cequi amènera l'auteur à
publier une nouvelle édition totalement remanié: Retan Goshin
Karaté Jitsu. C'est seulement en 1935 qu'il publie Karaté
Do Kyohan, véritable ouvrage de référence avec, entre
autres, la description de tous les katas tels qu'il les concevait et les
enseignait. Il en existe une traduction en langue anglaise et une en langue
française.
C'est vers 1930 que Funakoshi commencera à utiliser l'idéogramme
"Kara" signifiant vide, aux dépends de celui, de prononciation
identique "To" désignant la Chine. La raison évidente
en était la montée du nationalisme au Japon, mais, pour
se justifier, il invoquera un des enseignements du bouddhisme Zen : "Shiki
soku ze ku, Ku soku ze shiki" que l'on peut traduire par l'apparent
est accès au vide, le vide permet d'accéder à d'autres
états (de la conscience). Il lui ajoutera le suffixe "DO"
pour suivre la même évolution que les autres Budo qui étaient
passés du Jutsu au Do. Ainsi naquit le Karaté-do, "la
voie de la main vide", qui remplace le To-de, "la main de chine".
Par la suite le mot Shotokan vient définir la technique particulière
de combat du maître (Shoto, nom d'écrivain de Gichin, littéralement
Shoto désigne l'ondulation des pins sous le vent et Kan, maison,
donc la maison de Shoto). En 1935, Sensei ouvrit son propre dojo (le Shotokan)
dans le quartier de Meijiro.

En 1936, G.Funakoshi avait ouvert plus de trente dojos dans les universités
et dans les entreprises. Les principaux dojos où le Maître
enseigna sont ceux des universités de KEIO (ouvert en 1924), ICHIKO
(ouvert en 1926), WASEDA (ouvert en 1927), SHODAI, TAKUSHOKU, CHUO, GAKUSHU-IN,
et HOSEI. C'est à cette époque que les katas furent révisés
dans la forme. Dans le contexte du conflit sino-japonais, engagé
à partir de 1936, Funakoshi dut se résoudre également
à modifier en japonais de nombreux noms de kata d'origine chinoise.
C'est ainsi que les Pinan devinrent Heïan.Gichin Funakoshi a transmis
seulement quinze katas à ses élèves.
Les autres katas furent enseignés par d'autres maîtres d'Okinawa,
amis du Sensei venus au Japon pour organiser des séminaires. Le
style de Funakoshi, bien que plus moderne que celui d'Okinawa (il insistait
sur l'aspect autodéfense), ne s'éloignait pas trop du style
originel de l'île. Ses attaques étaient puissantes, mais
ses positions demeuraient hautes et n'allaient pas chercher en distance
comme celle du style moderne. Le style de Funakoshi était davantage
adapté au combat rapproché, puissant mais plus court, utilisant
beaucoup les membres supérieurs, mais très peu les jambes
(seul le mae-geri était utilisé). Funakoshi inventa le kihon,
la façon de pratiquer en série des mouvements dans une cadence
scandée par le professeur. il inventa les katas simplifiés,
qu'il nommera heïan de même qu'il codifia les assauts; kihon,
ippon kumité, kihon sambon kumité suite à un travail
de synthèse de ses connaissances. Il empruntera certains mouvementss
au jiu-jitsu, judo, aïkido, arts martiaux envigueur au Japon.
En 1949, Funakoshi est nommé chef instructeur de la Japan Karate
Association.
Avant de s'éteindre en 1957 (le 26 avril précisément
à l'âge de 89 an), il forma de nombreux élèves,
(Gimma, Otsuka, Hironishi, Egami, Kuba, Takagi, Nagushi,Tsutomu OHSHIMA...)
et fit de son fils Yoshitaka le successeur du Shotokan.
Très attaché à l'enseignement traditionnel
du karaté, Funakoshi restera défavorable à la pratique
du kumité et s'opposera jusqu'à sa mort à l'organisation
de compétitions.
A la suite de Maître Funakoshi, d'autres habitants d'Okinawa vinrent
au japon où ils apportèrent des techniques et des méthodes
de travail légèrement différentes. De même,
certains des élèves du Maître enseignèrent
le Karaté-do et insensiblement adaptèrent et modifièrent
les techniques originelles. C'est cet ensemble de faits qui explique la
multiplicité des méthodes de Karaté. Mais il faut
comprendre qu'il s'agit de différentes méthodes d'enseignement
mettant l'accent sur certains points ou sur d'autres mais dont les principes
fondamentaux sont tous identiques.
Les méthodes les plus pratiqués sont: Shotokan, Wado-Ryu
(fondé par M. Otsuka, élève de Maître Funakoshi),
Goju-Ryu, Shito-Ryu, Shotokai ( fondé par M. Egami, élève
de Maître Funakoshi ), etc ...
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